Qualité des biotopes de valeur (Z11)
 

L’indicateur décrit l’évolution de la qualité des biotopes de valeur. Les premiers résultats concernant les marais sont à présent disponibles. Ceux-ci ne sont pas des points chauds de la biodiversité. Au contraire, ils n’abritent que relativement peu d’espèces d’animaux et de plantes. Celles-ci dépendent cependant de cet habitat, en dehors duquel elles ne peuvent pas se développer. De nombreuses espèces peuplant les marais sont en outre rares et inscrites dans les listes rouges des espèces menacées. Les marais eux-mêmes sont des éléments rares du paysage et, à ce titre, ils doivent être protégés.

Entre 1997 et 2006, la qualité des marais s’est nettement détériorée. Environ le quart d'entre eux s’est asséché et enrichi en nutriments ; un cinquième s’est appauvri en tourbe. La proportion de plantes ligneuses a crû dans plus d’un tiers des marais. Les marais perdent ainsi peu à peu leurs propriétés typiques. Près de 15 pour cent des marais perdent leur caractère marécageux.

La surface totale des hauts- et des bas-marais a diminué d'environ 1 pour cent. La répartition des surfaces entre les trois types de marais a toutefois changé. La surface des hauts-marais a diminué de 10 pour cent et celle des bas-marais turfigènes, de 6 pour cent. La surface des bas-marais non turfigènes a en revanche progressé de 9 pour cent.

Les mesures de régénération se sont avérées efficaces, mais elles sont encore trop rares pour pouvoir compenser les pertes qualitatives.

 
 
Évolution pour toute la Suisse
 

Caractère marécageux

moor

Commentaire
• Un indice a été élaboré afin de pouvoir suivre l’évolution du caractère marécageux des différentes surfaces. Il indique la part des espèces typiquement marécageuses dans la végétation ainsi que le degré de recouvrement de ces espèces. Une progression de l’indice du caractère marécageux indique une augmentation du caractère marécageux.
• Même si les sites sont toujours considérés comme des marais, les changements sont préoccupants, car dans l’ensemble, les marais tendent à perdre leur caractère.

 

Humidité

feuchte

Commentaire
• L’excédent persistant d’eau est une caractéristique centrale des marais. S’ils s’assèchent, les taux de minéralisation et, avec eux, la teneur en nutriments augmentent. La probabilité d’embroussaillement augmente aussi.
• Dans toute la Suisse, l’équilibre hydrique d’environ un tiers des marais a été bouleversé. En général, ils se sont asséchés.

 

Conditions trophiques

naehrstoffe

Commentaire
• Les nutriments des marais proviennent de différentes sources. L’apport direct en nutriments via l’atmosphère est inévitable. Des nutriments sont également introduits dans les marais par fumure, en général de manière illicite. À cela s’ajoute l’apport en nutriments provenant des terrains agricoles adjacents ou des cours d’eau alimentant les marais. Le séchage et la minéralisation de matériaux organiques libèrent également des substances nutritives.
• Une élévation de la teneur en nutriments des marais est en général indésirable.
• L'approvisionnement en nutriments a augmenté dans les trois types de marais. Cette situation est alarmante !

 

Teneur en humus

humus

Commentaire
• La valeur indicatrice d’humus permet de mesurer la teneur en matière organique.
• Dans environ un quart des marais, la valeur indicatrice d'humus a fortement diminué, surtout dans les hauts-marais. Cette évolution est inquiétante.

 

Proportion des plantes ligneuses

gehoelz

Commentaire
• Les arbres et les arbustes isolés, en général chétifs, sont un élément normal des marais. Si les strates arbustives et arborescentes se ferment et si la végétation du marais s’en trouve ombragée, les plantes marécageuses typiques sont évincées du peuplement. Dans les hauts-marais, la progression des bocages est en général due à une perturbation du régime hydrique. L'embroussaillement et la progression de la forêt dans les bas-marais sont à la fois dus à un manque d’entretien (pâturage ou fauchage) et à l’assèchement.
• Dans l’ensemble de la Suisse, l’embroussaillement progresse dans tous les types de marais. Du point de vue de la protection de la nature, l'embroussaillement et la progression de la forêt constituent une évolution indésirable, car ils entraînent la disparition de la végétation marécageuse typique.

Sources
AToutes les données se basent sur le « Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux » mené par l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL sur mandat de l’OFEV. Voir Klaus, G., (réd.), 2007. État et évolution des marais en Suisse. Résultats du suivi de la protection des marais. État : Juin 2007. Office fédéral de l’environnement, Berne, État de l’environnement nº 0730. 97 P. Les valeurs pour les régions biogéographiques (6 régions) ont été calculées par Meinrad Küchler, WSL, pour le MBD.

 
 
Evolution dans les différentes régions
 
Données non disponibles
 
 
Importance
 
Les marais sont des sites particuliers, mais pas des points chauds de la biodiversité abritant de nombreuses espèces. Ils sont – surtout les hauts-marais – même pauvres en espèces, mais abritent des types de végétation très divers. Les marais sont des milieux humides, avec un niveau d’eau élevé en permanence. Hormis les parvocariçaies basophiles, ils sont extrêmement acides et pauvres en nutriments. Les marais sont en outre rares, même s’ils sont plus fréquents dans certaines régions. Après une diminution estimée à 90 % de leur surface, les marais ne représentent plus que 0,54 % du territoire suisse.

Environ un quart des espèces de plantes vasculaires menacées en Suisse poussent dans les hauts- et dans les bas-marais d’importance nationale. Les différents types de végétation constituent des habitats spécifiques à certaines espèces. Les marais sont par conséquent irremplaçables. De nombreuses espèces de plantes menacées poussent dans les dépressions inondées des hauts-marais intacts. Près de 10 % des espèces qui y sont recensées figurent dans la liste rouge des fougères et des plantes à fleurs menacées en Suisse.

En plus des plantes spécialisées, en particulier des différentes sphaignes et lichens, qui ne poussent que dans les marais, ces derniers abritent également, des champignons ainsi que des animaux très spécialisés. On compte parmi ceux-ci de nombreuses espèces de libellules, pour lesquelles les gouilles, les rigoles et les surfaces d’eau libre constituent des habitats irremplaçables. La disparition de ces structures entrainerait la disparition de ces espèces, celles-ci ne disposant d'aucun habitat de substitution. Il en va de même des espèces de papillons dont les chenilles se nourrissent exclusivement de plantes marécageuses.

Les marais, surtout les tourbières, constituent en outre des archives de la biodiversité. Ce milieu acide, saturé en eau conserve les pollens, mais aussi les résidus de plantes et d’animaux durant des dizaines de milliers d’années. Si les tourbières s’assèchent, la tourbe se minéralise et ces archives sont irrémédiablement perdues.

Les marais sont également des éléments importants du paysage, faisant partie intégrante de la biodiversité au niveau des écosystèmes.
 
 
Informations complémentaires
 

Personne de contact pour Z11
Meinrad Küttel, meinrad.kuettel@bafu.admin.ch, +41 (0)31 322 93 24

Contact scientifique WSL
Meinrad Küchler, meinrad.kuechler@wsl.ch, +41 (0)44 739 24 67

Autres sources d’information
> Office fédéral de l'environnement OFEV
> Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage

 
 
Fiche des données recueillies
 
> Fiche complète Z11 (1.2 MB)
 
 
Etat
 
Ces informations se fondent sur le document 737 316.10 Z11 V1_fr.doc du 25 août 2008.
Cet indicateur sera actualisé lorsque de nouvelles données des suivis des effets sur les biotopes d’importance nationale seront disponibles.