Effectifs d’espèces menacées (Z6)
 
L’indicateur Z6 présente l’évolution sur dix ans ou plus des effectifs de quelques espèces animales et végétales menacées ou potentiellement menacées. Les espèces fortement menacées d’extinction sont très importantes pour le maintien de la biodiversité. Les exemples choisis montrent des évolutions et des tendances très diverses et propres à chaque espèce.
 
 
Évolution pour toute la Suisse
 

L’évolution des effectifs varie énormément d’une espèce à l’autre et dépend de nombreuses causes, souvent mal connues. Puisque nous ne disposons que de données lacunaires pour de nombreuses espèces, il est donc impossible de prime abord de dégager une tendance générale suisse pour toutes les espèces. Pour cette raison, l’indicateur Z6 se borne à présenter des exemples parlants.

Les exemples retenus illustrent trois genres de tendances :
• tendance à la baisse à long terme (mesurée sur plus de dix ans).
• tendance à la hausse à long terme (mesurée sur plus de dix ans).
• fluctuation des effectifs (plusieurs tendances passagères, parfois contradictoires, en l’espace de dix à vingt ans, ou constantes fluctuations, sans tendance nette).

Chaque groupe d’espèces/d’organismes comprend normalement des exemples des trois tendances possibles.

La version longue complète comprenant l’ensemble des 29 exemples d’espèces peut être téléchargée au format PDF. Ici sont uniquement présentées trois espèces à titre d’exemple.


Tableau 1 : Espèces retenues pour l’indicateur Z6 (par groupe d’espèces)

Groupe d’espèces

Nom français

Nom scientifique

Période d’inventaire

Évolution des effectifs
Plantes
Myosotis de Rehsteiner
Myosotis rehsteineri
1990-2006
Positive
 
Violette élevée
Viola elatior
1995-2005
Positive
 
Petite massette
Typha minima
1996-2005
Positive
 
Canche des rives
Deschampsia littoralis
1989-2006
Fluctuante
Insectes
Dorcadion fuligineux
Dorcadion fuliginator
1986-2007
Négative
Amphibiens
Grenouille agile d’Italie
Rana latastei
1990-2008
Fluctuante
Mammifères
Lièvre commun
Lepus europaeus
1993-2009
Négative
 
Grand murin
Myotis myotis
1996-2008
Positive
 
Grand rhinolophe
Rhinolophus ferrumequinum
1995-2008
Fluctuante
 
Petit rhinolophe
Rhinolophus hipposideros
2001-2007
Positive
Oiseaux
Bécassine des marais
Gallinago gallinago
1987-2008
Négative
 
Tarier des prés
Saxicola rubetra
1989-2008
Négative
 
Choucas des tours
Corvus monedula
1992-2008
Fluctuante
 
Martin-pêcheur
Alcedo atthis
1990-2008
Fluctuante
 
Pouillot fitis
Phylloscopus trochilus
1980-2008
Négative
 
Sterne pierregarin
Sterna hirundo
1980-2008
Positive
 
Courlis cendrél
Numenius arquata
1980-2008
Négative
 
Vanneau huppé
Vanellus vanellus
1980-2008
Négative
 
Nette rousse
Netta rufina
1980-2008
Positive
 
Mouette rieuse
Larus ridibundus
1984-2008
Négative
 
Rossignol philomèle
Luscinia megarhynchos
1990-2008
Positive
 
Locustelle luscinoïde
Locustella luscinioides
1980-2008
Positive
 
Pie-grièche à tête rousse
Lanius senator
1990-2008
Négative
 
Corbeau freux
Corvus frugilegus
1980-2008
Positive
 
Tarier pâtre
Saxicola torquatus
1990-2008
Positive
 
Hirondelle de rivage
Riparia riparia
1980-2008
Fluctuante
 
Râle des genêts
Crex crex
1995-2008
Fluctuante
 
Blongios nain
Ixobrychus minutus
1980-2008
Positive
 
Petit-duc scops
Otus scops
1990-2008
Positive

 

Plantes

Myosotis de Rehsteiner, Myosotis rehsteineri

Exemple de lecture
Depuis le début du 21e siècle, le nombre d’inflorescences du myosotis de Rehsteiner a été multiplié par plus de dix en l’espace de 4 ans. Le maximum a été atteint en 2006 avec 264’893 inflorescences (soit 100 pour cent ici) et le minimum en 1989, avec en gros 500 inflorescences. Les lignes en pointillés relient les relevés non annuels.

Commentaires
• Jusqu’en 1990, les effectifs de cette espèce endémique de gazon littoral étaient en forte régression. À partir du milieu des années 90, la situation du myosotis de Rehsteiner s’est améliorée. Les effectifs ont à nouveau fortement augmenté.
• Vers 1990, quelques exemplaires de myosotis de Rehsteiner ont été transplantés d’un jardin. Ces effectifs de réintroduction ont été multipliés par dix et représentaient un tiers des effectifs totaux en 1998.
• La croissance de 1998 s’explique également du fait que de nouveaux lieux de présence furent découverts. Grâce à la crue tardive, les plantes ont pu bien se semer, et non uniquement se reproduire de manière végétative. Les années de basses eaux, particulièrement en 2003 et au cours des années suivantes, ont entraîné une très forte croissance de l’espèce.
• Des mesures de soins (par ex., lutte contre les plantes concurrentes) et l’information intensive des riverains permettent d’endiguer la perte de surface.

Source
Office cantonal de l’aménagement du territoire TG, Frauenfeld (Rolf Niederer) et Bureau d’écologie appliquée et d’aménagement du paysage, Constance (Michael Dienst, Irene Strang)

 

Oiseaux

Martin-pêcheur, Alcedo atthis



Commentaires

• Le maximum a été recensé en 2007.
• Les effectifs suisses du martin-pêcheur fluctuent souvent considérablement, mais sont dans l’ensemble stables depuis de longues années.
• Les martins-pêcheurs sont très sensibles aux rigueurs de l’hiver. Le recul enregistré dans les années 80 est à attribuer à une série d’hivers particulièrement rigoureux. Ce constat vaut aussi pour les diminutions d’effectifs en 1991, 1997 et 1999.

Source
Station ornithologique suisse de Sempach

 

Vanneau huppé, Vanellus vanellus

Commentaires
• Pendant la période étudiée, le maximum a été constaté en 1990 au début du recensement et le minimum en 2005.
• L’on estime que la population totale entre 1993 et 1996 est d’environ 450 couples nicheurs pour toute la Suisse.
• Autrefois, le vanneau huppé était très répandu sur le Plateau, mais ses effectifs diminuent depuis longtemps.
• Cette espèce est certes connue pour ses fortes fluctuations. Le succès de la nidification est cependant trop faible depuis les années 80 pour compenser les pertes naturelles.
• De nombreuses nichées sont détruites par l’agriculture et les prédateurs de nids. En outre, les chiens et les sportifs peuvent aussi provoquer l’abandon des nichées.
• Auparavant, l’immigration d’individus provenant des populations septentrionales compensait la perte des effectifs. Mais avec le recul des effectifs dans ces régions également, le nombre de nidifications en Suisse a rapidement diminué. Il semble toutefois persister aujourd’hui à un niveau très bas.

Source
Station ornithologique suisse de Sempach

 
 
Evolution dans les différentes régions
 
Données non disponibles
 
 
Importance
 

Selon les critères internationaux, les espèces animales et végétales sont dites en danger critique d’extinction lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’elles sont confrontées à un risque extrêmement élevé d’extinction à l’état sauvage dans le futur immédiat (UICN 2004). Lorsque la dernière population disparaît d’un territoire donné, la biodiversité s’y appauvrit. Pour cette raison, le groupe des espèces menacées est particulièrement important pour la biodiversité en Suisse (voir également l’indicateur Z3).

Les exemples présentés attestent des différentes évolutions possibles des espèces menacées : si certaines, classées comme menacées, voient leurs effectifs diminuer, d’autres restent en revanche stables voire augmentent au fil des ans.

Il est très important de comprendre les facteurs qui influencent l’évolution des effectifs. En effet, les causes qui expliquent la variation des effectifs de certaines espèces sont souvent les mêmes qui entraînent une augmentation ou une diminution de la biodiversité dans l’ensemble. Bien que la biodiversité soit moins sensible aux facteurs environnementaux que certaines espèces données, des variations rapides ne sont pas à exclure, du moins sur certains territoires. À l’instar de certaines espèces, la biodiversité présente aussi des tendances à long terme, ce qui ne la met pas à l’abri de variations à court terme, de reculs ou d’augmentations rapides.

Les exemples nous présentent une vaste gamme de causes possibles de ces phénomènes. De très nombreuses espèces sont sensibles aux modifications de leur habitat en raison, par ex., de changement du type d’agriculture, de changement climatique, d’interactions avec d’autres espèces, mais aussi de mesures d’encouragement prises dans le cadre de programmes de conservation. La modification de l’habitat est souvent le résultat de la combinaison de plusieurs causes, d’où la difficulté d’expliquer la biodiversité sur un territoire donné ou, pire encore, d’en prévoir l’évolution.

 
 
Informations complémentaires
 

Responsable de l’indicateur Z6
Meinrad Küttel, meinrad.kuettel@bafu.admin.ch, +41 (0)31 322 93 24

Autres sources d’information

Plantes
> notices sur la protection des espèces
> Canche des rives

Insectes
> Société Entomologique Suisse

Amphibiens
> karch

Mammifères
> publications sur le grand rhinolophe
> recherche du petit rhinolophe
> Station ornithologique suisse de Sempach, lièvre commun

Oiseaux
> Station ornithologique suisse de Sempach
> ASPO Association suisse pour la protection des oiseaux / BirdLife Suisse

Informations générales
> OFEV Office fédéral de l’environnement
> informations scientifiques et base de données sur Internet des listes rouges (inter)nationales de la flore et de la faune de l’UICN

 
 
Fiche des données recueillies
 
> Fiche complète Z6 (3,3 MB)
 
 
Etat
 
Cet indicateur est remis à jour chaque année.
Ces informations se fondent sur le document 800 313.10 Produkt Z6 V5_fr.doc du 3 novembre 2009.